Rendez-vous avec Anne Cazaubon

Le 25 janvier 2020, la pétillante coach et conférencière Anne Cazaubon anime un atelier pour apprendre à "se libérer du JE". Vous avez peut-être déjà entendu sa voix bienveillante sur Europe 1 et France Inter. C'est avec humour qu'elle aime éveiller les consciences et nous aider à prendre soin de nous-même.

Son outil de prédilection pour prendre soin d’elle ? Le yoga… Elle a accepté de nous en dire plus.

Comment avez-vous découvert le yoga ?
Il y a quinze ans, j’ai vécu un gros passage à vide qui m’a menée sur un chemin de développement personnel. Progressivement, grâce à des stages en rebirth, en danse derviche, en thérapie transpersonnelle…, je me suis rassemblée. En 2015, à nouveau en baisse de forme, je vomissais du sang à cause du stress. Une amie m’a alors proposé de la suivre dans un stage de yoga de dix jours dans l’ashram d’Amma, en Inde. Totalement néophyte, je me suis retrouvée à pratiquer sept heures par jour…

Comment avez-vous vécu cette expérience intense en Inde ?
Nous pratiquions sur le toit d’un immeuble, sous des bâches. L’enseignant américain, fidèle d’Amma, faisait preuve d’une grande ouverture spirituelle : il nous lisait des textes de sainte Thérèse de Lisieux, Le Prophètede Khalil Gibran, les Upanishad. J’ai vécu les séances d’asanascomme une rencontre avec mon corps. Pendant ce séjour, j’ai senti mes contours se redéfinir. Moi qui peux avoir tendance à la dispersion, je me suis rassemblée encore un peu plus. Chaque posture déclenchait des spasmes, des larmes. L’ouverture de cœur s’est souvent faite de manière lacrymale. La joie venait ensuite. S’ouvrir à son être intérieur, c’est vivre la remontée de bulles de vase à la surface. Quelque chose en moi disait : « Ah, enfin ! »Toutes mes cellules applaudissaient. Et j’ai pu mieux accepter mon corps.

En quoi le yoga vous accompagne-t-il dans cette acceptation ?
Depuis très jeune, mon poids joue au yoyo. Je connais bien le phénomène des kilos émotionnels dus à la culpabilité. Le yoga me permet de retrouver la voie du milieu. Avant de le découvrir, je pensais qu’il fallait être filiforme, sportive ou danseuse pour pratiquer le yoga. En franchissant la porte des salles de yoga, j’ai découvert des gens de toute corpulence, de tout âge. Chacun avec ses blessures du corps ou de l’âme, visibles ou invisibles. Le chemin d’acceptation n’est pas facile. Mais grâce au yoga, je suis plus à l’écoute, je mange en conscience et je ressens moins le besoin de me remplir. Mes kilos partent, sans faire de régime particulier. Et j’ai décidé de ne plus me peser, c’est très libérateur !

À quoi le yoga est-il un antidote, pour vous ?
À l’immobilité intérieure. Il remet l’énergie en mouvement, tous les pores crépitent jusqu’au bout des doigts. Par les sensations de bien-être qu’il procure après Savasana, le yoga est un antidote au mal-être. Pour moi, c’est aussi un remède contre l’insomnie. J’ai une conférence de rédaction dans la tête en permanence : le yoga me calme.

Le yoga serait-il une thérapie à vos yeux ?
Oui, le yoga me soigne. J’ai suivi une thérapie pendant quinze ans avant de découvrir cette pratique. Explorer la spiritualité sans passer par la case thérapie m’aurait dérangée. Le yoga a libéré la petite fille intérieure qui était assise en boule dans un coin de moi. Elle pleurait parce que je ne l’écoutais pas, c’est ce qui m’a rendue malade. L’enfant intérieur détient la clé de deux trésors : notre créativité et notre essence profonde. C’est avec la thérapie, la méditation et le yoga que j’ai pu amorcer la descente en spéléo en moi. Au passage, j’ai croisé des chauves-souris, des décharges nauséabondes. Peu à peu, cela nous mène à l’alignement corps-esprit-âme. C’est finalement ce qui se joue sur un tapis de yoga. Comme dans la vie.

Justement, dans vos chroniques, il vous arrive de faire le lien entre la vie et la pratique du yoga…
Je trouve que beaucoup de phrases prononcées par le professeur sur un tapis de yoga résonnent également dans nos vies, pour qui veut bien les entendre. Lors d’une séance, ma prof a lancé de sa voix suave : « Écoutez-vous et surtout ne forcez pas. Si la posture est source de souffrance, si c’est douloureux, n’hésitez pas à la quitter. »C’est devenu mon mantra ! Parfois, dans la vie, nous jouons des rôles : la fille ou le fils parfait, le bon petit soldat, le gendre idéal… Quand cette posture est douloureuse pour nous-mêmes, osons-nous nous extraire de la situation ? De même, j’aimerais réussir la posture sur la tête, je la trouve à la fois esthétique et bénéfique. J’essaie, n’y parviens pas et commence à envier ce type qui est dans une magnifique posture du Scorpion. À ce moment précis, la prof rassure la classe : « Restez concentrés sur votre pratique et acceptez ce qui est dans l’instant présent. »En effet, j’étais en train de m’éparpiller, d’envier, de me comparer. Dans le yoga, il n’y a pas de comparaison, c’est très rare dans notre société. La pratique nous apprend à simplement être son meilleur soi, sur le tapis comme dans la vie.

Que vous enseigne l’alignement du yoga ?
Einstein définissait la folie comme « se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent ».Lorsque l’on est aligné en paroles et en pensées, tout se met en accord. Bien aligné, corps, esprit et âme, nous pouvons faire l’expérience des synchronicités. C’est magnifique ! À chaque fois que j’ai envie de baisser les bras, la vie m’envoie un cadeau.

Quel genre de cadeau avez-vous reçu de la vie ?
À plusieurs reprise, je me suis sentie bloquée dans ma vie. Mon corps s’est alors chargé de me le rappeler en tombant sérieusement malade à chaque fois. En empruntant l' »itinéraire bis » que m’offrait la voie artistique, j’ai pu traverser mes zones d’ombres. Face à une toile vierge, quand je n’ai plus les mots, ce sont mon corps et mon âme qui s’expriment au pinceau. Après les attentats de 2015 (et avoir croisé le chemin des terroristes la veille des attaques), j’ai ressenti le besoin de transformer cette boue en or, d’en faire quelque chose de doux et poétique, et de l’offrir au monde. C’est ainsi que j’ai lancé le « flyingproject » et organisé plusieurs « happynings » dans Paris pour réenchanter la ville (et la vie !) autour d’envolées de confettis entièrement biodégradables! Pour se rassembler, et faire corps. Comme sur un tapis de yoga!

Retrouvez son atelier

« Libérez votre JE pour le mettre au service du NOUS »

 

Texte : Jules Lavigne Photographies : Gwladys Louiset
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