De l’espoir en prison

Le soleil se couche, les angoisses se réveillent. À Bomana, la plus grande prison de Papouasie-Nouvelle-Guinée, une trentaine d’adolescents s’apprêtent à passer une nuit de plus dans les cellules collectives du quartier des jeunes. Sur son lit de bois, les pensées de Peter Higini se bousculent : la famille absente, le camarade mort sous ses coups, la condamnation à cinq années de taule… À bout de nerfs, le garçon de 18 ans se lève et, sous l’unique néon de la geôle, improvise une séance de yoga : « Quand je me sens triste, cela me calme et m’aide à supporter l’incarcération. »Derrière les barreaux, une partie de ses codétenus se joignent à lui.

Papouasie-Nouvelle-Guinée, région du golfe de Papouasie, National Capital District, ville de Port Moresby, prison de Bomana.

Toutes les semaines, ces garçons apprennent les bases du yoga dans l’enceinte de la prison. L’initiative a été lancée en mars 2013 par la professeure de yoga Fazilah Bazari, qui intervenait alors bénévolement. À cette époque, cette expatriée d’origine malaisienne rémunérait même trois enseignants sur ses deniers personnels. Une situation compliquée qui a pris fin en octobre 2014 grâce au soutien financier des autorités de Port Moresby, la capitale. Depuis, cinq professionnels du yoga franchissent régulièrement les portes de Bomana dans le cadre du programme municipal Yoga Unites Youth Empowerment and Transformation (Yu Yet PNG).

« Quand ils se sentent mieux avec eux-mêmes, ils deviennent moins brutaux avec les autres. »

« Fermez les yeux. Nous allons nous libérer de tout ! »Allongés dans le Believe Center, un bâtiment coloré dédié aux activités de “loisirs” et à la détente – on y trouve des livres, une télévision, on y prie, et une fois par semaine on pousse les tables pour transformer l’espace en salle de sport –, les prisonniers écoutent la voix calme de Fazilah Bazari. Salutations au Soleil pour commencer, pranayama– des exercices de respiration – à la fin… Doucement, les corps se détendent et les esprits s’évadent. Pour ces jeunes qui ont volé, violé et même tué et qui sont, pour certains, condamnés à plus de 20 ans de réclusion, ces séances sont l’occasion de penser à autre chose qu’à leur situation, l’incarcération au pénitencier. Pendant une heure, de prisonniers en uniforme, ils redeviennent des êtres à part entière, des enfants en costume bleu.

Papouasie-Nouvelle-Guinée, ville de Port Moresby, prison de Romana, cours de Yoga par Fazilah Bazari.

Arborant des T-shirts marqués du mot “violence” barré, cinq membres de Yu Yet PNG aident les détenus à réaliser les postures. L’attitude des plus anciens, concentrés et confiants, contraste avec celle des nouveaux arrivants qui semblent parfois perdus dans leur propre corps. « Quand ils commencent, ils n’ont pas conscience d’eux-mêmes,explique Fazilah. Le yoga leur apprend à se reconnecter à leurs émotions et à aimer leur corps. Quand ils se sentent mieux avec eux-mêmes, ils deviennent moins brutaux avec les autres. »

Et ça marche. Avant l’introduction des cours de yoga en 2013, bagarres et violences étaient fréquentes dans ce quartier de jeunes. Depuis leur mise en place, gardiens, détenus et intervenants ont tous constaté une amélioration de leur comportement. « Pour eux, le yoga est plus qu’une pratique. Il devient un mode de vie et leur apporte de l’espoir ! »s’enthousiasme Jad Biko qui, après avoir donné des cours dans une prison au Kenya, intervient à Bomana depuis 2016. « Maintenant, on organise des thés de bienvenue pour les nouveaux, renchérit dans un sourire le détenu Peter. On se soutient les uns les autres comme une famille et les relations avec les gardiens sont apaisées. »Il suffit pour s’en convaincre d’assister à une séance par beau temps. Là, le yoga se pratique en plein air. Quelques surveillants se réunissent alors à l’ombre d’un manguier pour observer le spectacle en souriant. Sans les uniformes kaki de la pénitentiaire et les barbelés du grillage d’enceinte, on pourrait croire à une colonie de vacances perdue au milieu de la jungle tropicale.

Et effectivement, grâce au yoga, les prisonniers sortent de temps en temps de prison. Une fois par semaine, des adeptes de la discipline marchent ainsi avec le gouverneur de Port Moresby lors du Walk and Yoga for Life, une manifestation organisée contre la violence dans la ville. À l’occasion d’événements comme la Journée internationale du yoga, ils sont autorisés à participer aux cours gratuits donnés aux habitants : ils montent même sur scène pour donner l’exemple. « Comme un papa avec ses enfants, quand je les vois face à la foule, je tremble pour eux »,raconte, la larme à l’œil, le caporal Wai Sip, gardien à Bomana depuis 30 ans. L’espoir est d’ailleurs plus approprié que la peur. Car, pour certains prisonniers, le yoga représente l’avenir. Le détenu Gordon a ainsi tout prévu : à sa sortie, il sera… professeur de yoga.

Cellule A1, prisonnier.

Que pouvons-nous faire ?

  • Donner de son temps à Yu Yet PNG, qui recherche des professeurs d’arts martiaux, de théâtre, de yoga ou des artistes hip-hop. Yu Yet PNG peut fournir un logement et une petite aide pour les transports en commun à Port Moresby. Plus d’informations : yuyetpngltd@gmail.com
  • Faire des dons sur le site www.yogaunitesinc.org
  • Aimer et partager la page Facebook YOUth Own Great Awakening.
Texte : Jules Prévost & Photographies : Marc Dozier

Rester jeune avec le Yoga des hormones

Séduisante, fraîche et raffinée, la professeure de yoga brésilienne Dinah Rodrigues a 90 ans. Elle est la preuve vivante que le Yoga des hormones fonctionne ! Avec une énergie que ne renierait pas une quadragénaire, elle fait connaître les bienfaits du Yoga des hormones – qu’elle a inventé – à travers le monde.

Des exercices simples qui stimulent le système endocrinien, donc la production d’hormones. Le but premier ? Augmenter le taux d’œstrogènes – qu’on appelle aussi l’hormone féminine. La production de cette hormone se met à diminuer dès 35 ans. Ce phénomène ne se remarque pas au début, mais quand survient la ménopause, une variété de symptômes physiques s’affichent : les cheveux deviennent plus fins, la peau plus sèche, les rides plus visibles. En augmentant le taux d’œstrogènes, on suspend – ou du moins on ralentit – ce processus.

Cela fait bientôt trente ans que Dinah enseigne sa série de Yoga des hormones ; elle a constaté des résultats spectaculaires. Les troubles courants liés à la ménopause – bouffées de chaleur, insomnies, épisodes dépressifs – disparaissent chez de nombreuses femmes. Même les plus jeunes femmes souffrant du syndrome prémenstruel peuvent tirer bénéfice de ce yoga : les changements d’humeur sont moins prononcés, et les règles, moins abondantes. Ce yoga aiderait aussi les femmes ayant des problèmes d’infertilité.

En collaboration avec l’université de Sao Paulo, Dinah Rodrigues cherche des preuves scientifiques de l’efficacité de sa méthode. Elle sait déjà qu’une pratique régulière offre des bénéfices indéniables : le niveau d’énergie remonte, les troubles disparaissent. Une adepte lui a un jour témoigné sa gratitude avec ces mots : « Depuis mes premières règles, j’avais l’impression d’avoir un petit être maléfique dans le ventre. Il a complètement disparu. » Ce n’est pas un hasard si ce yoga fait des émules à travers le monde entier. Testez-le par vous-même ; il vous suffira d’une demi-heure d’exercices par jour (Rodrigues les fait en moins d’un quart d’heure) pour vous sentir jeune et vive.

Texte : Christel Jansen & Photographies : Saskia van Osnabrugge

À dévorer !

Le yoga est une discipline qui nous invite à adopter un mode de vie construit autour du bien-être physique et mental. Et puisque nous sommes ce que nous mangeons, une nourriture saine et naturelle irait dans le sens d’un mode de vie sain. Hippocrate disait : « que ton aliment soit ton seul médicament », les aliments agissent sur notre santé non seulement physique, mais aussi sur notre bien-être mental.

Voici une petite sélection d’ouvrages qui vous éclairera un peu plus sur le sujet :

> Tous végétariens !

Ici, des extraits de différents auteurs ont été rassemblés, invitant le lecteur à découvrir le végétarisme sous plusieurs facettes, du poète latin Ovide au poète américain Ginsberg. Le but est de « reconsidérer le régime carné sous leurs auspices éclairés ».
Tous végétariens • Folio • 128 pages • 2 €

> Manger mieux en pleine conscience 

On l’appelle le « mindful eating », ou « manger en pleine conscience », cette pratique connaît un franc succès en France depuis quelques temps. Mais que cela signifie réellement ? Il s’agit d’une pratique qui associe la méditation à l’alimentation, en faisant en sorte d’ « accorder davantage d’attention à l’instant présent et à l’acte de manger. » Ce livre propose des exercices à faire chez soi, des jeux et un programme de méditation.
Manger mieux en pleine conscience • Ananda Ceballos et Yaël Bloch • La Plage • 96 pages • 9,95 €

> Alimentation et yoga 

Le maître de yoga André Van Lysebeth, pionnier du yoga en Europe a également écrit sur l’alimentation avec toute la rigueur qui le caractérise. Dans cet inédit, il prodigue ses conseils et dévoile des recettes, dans le but de préserver notre capital santé ainsi que de guérir de certaines maladies.
Alimentation et yoga • André Van Lysebeth • éditions Almora • 582 pages • 19 €

 

« Le yogi doit manger avec modération, raisonnablement, sinon – peu importe son intelligence –
il ne réussira pas. »

Siva Samhita (traité classique de Hatha Yoga)

Happy international yoga day !

Cette journée vise à sensibiliser le public des bénéfices du yoga et met aussi l’accent sur les effets positifs de la pratique du yoga, qui apporte à notre corps et à notre esprit l’équilibre dont ils ont besoin. Cela fait maintenant 5 ans que nous fêtons cette journée mondiale du yoga. De nombreux studios proposent des cours gratuits (ou à prix réduits) ainsi que des événements en plein air pour cette occasion très spéciale. En voici quelques uns !

 

À Paris :

 

Du stand up paddle contre la pollution marine

Jérémy et Ludovic effectueront une traversée en relais de plus de 200 km par un vent Mistral de 100 km/h. Il s’agit du plus gros downwind de l’histoire du stand up paddle. Pour chaque kilomètre parcouru, 5 € seront reversés à l’association Water Family – du flocon à la vague. Afin d’effectuer un tel projet, il est nécessaire de lever des fonds importants pour le matériel et la sécurité. Pour ce faire, une campagne de crowdfunding soutenue par Oxbow a été lancée sur la plateforme de financement participative, Ekosea. L’objectif est d’atteindre les 5 000 €.

Leur venir en aide 

Rendez-vous avec Didier van Cauwelaert

Didier van Cauwelaert n’est pas seulement un fin observateur de la comédie humaine et des interactions entre les différentes formes de vie, c’est un enquêteur rigoureux. Dans son dernier ouvrage, La Bienveillance est une arme absolue (Éditions de l’Observatoire), il s’appuie sur l’avancée des dernières recherches scientifiques pour démontrer les profonds bienfaits de la bienveillance et montre surtout, comment elle intervient déjà partout dans la nature. Retrouvez-le lors de la conférence exceptionnelle Épanouissement, Protection, Guérison : Les Incroyables Pouvoirs de la Bienveillance, le lundi 20 janvier, au théâtre de l’Atelier, à 19 h 30.

Interview exclusive à paraître dans Yoga magazine #29

Pour acheter votre place, c’est par ici

 

Photographie : Astrid di Crollalanza