Mai Hua : « Je provoque des expériences qui me permettent d’évoluer »

Comment avez-vous découvert la méditation ? 

Il y a six ans, ma mère m’a proposé de suivre une formation à la méditation MBSR [Mindfulness-Based Stress Reduction] avec elle. J’ai accepté… pour lui faire plaisir ! Mais cela a ouvert une grande porte en moi. Rien que de passer une journée sans parler, comme nous l’avons fait à la fin du stage : cela a été une vraie révolution pour moi. Tout comme la dernière méditation de la formation, qui portait sur la bienveillance. Cela m’a bouleversée : je ne m’étais jamais, jusque-là, souhaité de bonnes choses. Je n’y avais jamais réfléchi. C’était une expérience incroyable.

À la fin de votre film Les Rivières, vous dites vous apprêter à faire une retraite au Népal. En quoi cela a-t-il consisté ?

J’y suis allée deux fois, et le programme est assez costaud ! On vit des épreuves chamaniques. Il y a deux nuits d’ayahuasca [breuvage hallucinogène à base de lianes interdit en France, NDLR], puis un jeûne en isolation pendant quatre jours et quatre nuits, en pleine nature, sur une colline. Ce sont des sortes de rituels initiatiques pour passer d’un monde à un autre. On apprend à lâcher prise, à appréhender la peur, à dialoguer avec l’intelligence de la plante. Cheminer est au centre de ma vie. J’aime provoquer des expériences qui me permettent d’évoluer. Cette retraite, à la fin du tournage des Rivières, a été une nouvelle “porte” pour moi ! Une fois que l’on ouvre ces portes, le rapport à la nature change, le rapport au corps change, le rapport à la sexualité change, le rapport à la nourriture, à toute la vie… Et le rapport à l’invisible, à la magie, à la création…

Vous parlez de magie : votre intérêt pour le côté “sorcière” de la force féminine a-t-il influencé votre travail sur Les Rivières, qui porte sur la branche féminine de votre famille ? 

Oui. J’ai mis six ans à filmer et monter ce film. Beaucoup de choses ont évolué entre-temps. Pour moi, la sorcellerie est un pouvoir de transformation intérieure qui peut avoir des conséquences sur l’extérieur. Une fois que j’ai changé mes croyances, que j’ai changé l’accès que j’avais à mon cœur et à mon âme, cela a modifié toute ma manière de voir le monde, d’interagir avec lui et de l’impacter. Les Rivièresest un projet intime dont la portée, je l’espère, va au-delà de moi. En organisant des projections, je me suis rendu compte que le film avait un pouvoir “agissant” sur les gens qui le voyaient : ils n’ont pas la même histoire que moi, mais une relation entre un enfant et sa mère, c’est universel ; et les familles dysfonctionnelles, c’est la base ! Le fait que ma mère assiste aux dernières projections-débats du film, par exemple, a fini de me convaincre de l’importance de partager son expérience.

La suite de cette interview à retrouver dans votre
Yoga magazine # 32

Mai Hua est documentariste, color designer et professeure à l’Institut Français de la Mode. Les Rivières(en VOD sur Vimeo) est une émouvante enquête sur la lignée féminine de sa famille, entre la France et le Vietnam, tandis que son dernier film, Meetings with remarkable men, met en lumière le travail profondément guérisseur d’un groupe de parole pour hommes. 
Découvrez son travail sur www.maihua.fr

Texte : Clémentine Koenig & Photographies : lylouttestudio

Agir avec dévouement

Cette histoire vieille de plusieurs millénaires, tirée de la mythologie hindoue, raconte qu’Arjuna, bien qu’étant le meilleur archer du monde, avait un petit problème. Aucun arc ne résistait à ses bras puissants. Chaque fois qu’il essayait d’en tendre la corde, l’arc se brisait. Depuis longtemps, Arjuna cherchait un arc à la dimension de sa puissance. Un matin ensoleillé, il se réveilla sans savoir qu’Agni, le dieu du feu, allait répondre à sa requête. Ce jour-là, Agni s’était réveillé affamé : il avait besoin de consommer quelque chose immédiatement. Faim qu’il voulut assouvir en réduisant en cendres la forêt de Khandava Vana. Mais dès l’instant où il mit le feu à une petite branche, il se mit à pleuvoir et le feu s’éteignit.

La pluie avait été déclenchée par Indra, le dieu de la guerre et de l’orage, et ami du serpent Takshaka qui vivait dans cette forêt. Agni savait qu’il serait déplaisant pour Takshaka de devoir quitter précipitamment sa forêt, mais s’il ne la faisait pas flamber, il lui faudrait trouver un autre endroit à détruire. Et les autres choix lui convenaient moins : il y avait dans la région un temple ainsi qu’une ville – deux lieux que l’on ne pouvait décemment pas incendier… Agni soutenait d’ailleurs qu’il est excellent pour la santé d’une forêt de la brûler de temps en temps. Cependant, Indra restait inébranlable et continuait de faire tomber la pluie sur les arbres. C’est alors qu’Agni rencontra Arjuna qui se promenait dans les bois avec son grand ami Krishna.

Ils décidèrent de s’entraider. Agni promit à Arjuna de lui procurer l’arc de Varuna, le dieu de l’océan, créé par le dieu Brahma. Cet arc indestructible, aussi un peu magique, portait le nom de Gandiva. Dès lors, Arjuna put tirer à l’arc sans problème. Indra fut tellement impressionné par la dextérité d’Arjuna qu’il déclara forfait et permit à Agni de réduire la forêt en cendres.

Et ensuite ?

Peu de temps après, Arjuna se retrouva sur un tout autre champ de bataille en compagnie de son arc Gandiva. Comment était-il arrivé là ? C’est la longue histoire du Mahabharata – “La grande histoire de la famille Bharata”. Là encore, Krishna était à ses côtés, conduisant son char.

Arjuna balaya le champ de bataille du regard, et il vit partout sa famille et ses amis – aussi bien parmi ses alliés que parmi ceux qu’il s’apprêtait à combattre. Cela l’affecta tant qu’il perdit son courage et se laissa tomber à terre, rongé par le doute. Son arc et ses flèches glissèrent de ses mains.

Lorsque Arjuna déclara à Krishna qu’il ne voulait pas livrer bataille et qu’il ne savait plus quelle direction donner à sa vie, Krishna lui répondit par 700 versets en sanskrit, pleins de bienveillance. Krishna expliqua que, dans la vie, nous devons toujours agir, et que ne pas choisir est aussi un choix. Nous contrôlons nos actions, mais pas leurs effets. Et c’est justement lorsque nous nous préoccupons des effets possibles de nos actions que nous souffrons. Car nous vivons alors dans un futur incertain au lieu d’être dans le moment présent. Les paroles de Krishna eurent un tel effet sur Arjuna qu’à cet instant il atteignit l’illumination. Il attrapa son arc et ses flèches, remplit son devoir, et sauva le monde des ténèbres.

Les plus grands défis

Les doutes et l’incertitude d’Arjuna sont très humains. Dans la vie, nous faisons tous face à des défis, et certains semblent tellement énormes que nous souhaitons les éviter. Tout comme Arjuna, nous préférerions ne rien faire plutôt qu’agir par amour et avec dévouement. Nous sommes tous des guerriers sur le chemin de l’illumination. Nous faisons face à des défis, à des décisions difficiles, à du stress, à de la tristesse, à de la peur et à des doutes. Et tout comme Arjuna, ce sont les plus grands défis qui nous font le plus progresser. Car c’est justement quand nous nous libérons de nos attentes et de notre envie de contrôler la conséquence de nos actions que nous créons l’espace nécessaire pour quelque chose de plus beau que ce que nous aurions pu imaginer.

Dhanurasana, l’Arc, est une posture d’ouverture du cœur. Elle nous donne la possibilité de mettre en pratique ce dont Arjuna a pris conscience : agir en partant du cœur, sans peur et sans céder à l’envie d’éviter les difficultés. Nous devons abandonner notre désir de contrôle sur le résultat de nos actions. Alors, vous aussi, faites ce que vous avez à faire, et pratiquez l’Arc avec dévouement.

Texte Irina Verwer & Photographie ChristineLoveHewitt.com

Rencontre avec Julie Ferrez

Si je suis… plutôt yoga du matin ou yoga du soir ? 

J’aime le matin, c’est le moment zen de la journée quand tout se lève… La lumière, ma fille, les énergies ! Le yoga du matin est impossible à manquer pour moi… Il fait partie de mon rituel de réveil lors duquel j’échauffe mon corps et je canalise mon mental. Cette pratique matinale me permet de me centrer, et donne de jolies couleurs à ma journée.

Mon lieu de retraite de prédilection…

L’Inde, sans hésiter ! J’essaie d’y aller tous les deux ans. Je sens que c’est mon lieu de ressourcement, j’en ai besoin. J’y fais des cures ayurvédiques. Il peut y avoir le pire comme le meilleur, mais cette terre est si riche ! J’y trouve une spiritualité et une luminosité que je n’ai trouvées nulle part ailleurs. C’est incontournable pour moi.

Mon accessoire indispensable

Mon mala qui ne me quitte jamais… Ce mala de 108 perles que je porte autour de mon cou me permet de réciter des mantras. Pour apaiser mon mental quand je suis stressée, je presse les pierres entre mon majeur et mon annulaire. Le mantra que je chante le plus souvent est le Gayatri mantra.

Mon rituel de méditation

Trataka quand ma fille est couchée… Je fais cette méditation au moins une fois dans la semaine, pas longtemps, de cinq minutes à un quart d’heure. Regarder et porter mon attention sur quelque chose repose beaucoup les yeux. Ça me calme quand j’ai besoin de me poser. Le mental est comme un muscle, tu peux le renforcer avec des exercices réguliers. Trataka fonctionne bien pour moi.

Mon gourou, mes gourous…

J’ai fait une formation avec Lav Sharma au centre Tapovan. Il a une approche particulière du yoga. Bien que très occidentalisé, il reste très indien en même temps. Il est détaché de beaucoup de choses. Quant à Jacques Vigne, psychiatre, il a une approche plus technique. J’ai fait un stage de méditation avec lui. Ces deux approches très différentes m’enrichissent.

Mon livre de chevet

J’ai découvert le livre Yoga, art de vivre et science de l’expérience de Sri O.P. Tiwari [Les Éditions du Vendredi] lors d’un stage de yoga avec Jacques Vigne. Il aborde les grandes questions de la philosophie yogique ; ce n’est pas compliqué, chacun peut s’y retrouver.

La personne qui m’inspire

Depuis toujours, il s’agit de ma tante Marie-Christine. Elle est professeure de yoga et psychothérapeute, et c’est elle qui m’a poussée vers le yoga, alors que je faisais beaucoup de sport. Lors de ma grossesse et à la naissance de ma fille, j’ai eu d’autres besoins également. Le yoga s’est imposé à moi naturellement.

La coach sportive JULIE FERREZ officie dans l’émission Télématin sur France 2 depuis près de dix ans. La jeune femme formée au yoga en applique les principes à tous les niveaux de sa vie. C’est avec une belle énergie tranquille qu’elle allie ses compétences sportives et yogiques, et divulgue ses conseils et formations en ligne. Elle vient de publier Yoga antistress, énergie et minceur chez Marabout. Rejoignez-la cet automne, du 23 au 25 octobre, pour un Cocooning d’octobre (yoga du dos, relaxation, remise en forme), à sa maison du bien-être en Champagne.
julieferrez.com

La respiration du cœur

Dans son petit bureau au Centre Élément, à Paris, Xavier Chabeur conduit des “bilans énergétiques” : des séances au cours desquelles on établit une cartographie énergétique du corps. Le but ? Rétablir l’équilibre et repartir avec des clés concrètes pour se sentir plus en phase avec soi-même. Xavier, en fait, est un coach de l’énergie ! L’outil favori de ce passionné de physique quantique ? La respiration. Selon lui, c’est dans la cohérence cardiaque que réside la clé de notre guérison. 

Nouvelles dates pour le Porto-Vecchio Festi Yoga

Premier festival de yoga créé sur l’Île de Beauté il y a trois ans, Festi Yoga revient du 19 au 21 septembre.
Pour cette édition, Estelle Broton, la fondatrice, a imaginé un village éphémère les pieds dans l’eau, sur la baie de l’Acciaro. Un cadre idyllique où pendant trois jours les yoginis pourront s’apprêter à une programmation pour tous les niveaux, allant du yoga le plus traditionnel au plus novateur, tel que le Yoga de la Femme. Un festival à la politique zéro déchet, qui rend hommage à la Corse, joyau sauvage et protégé. 

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Petites crêpes aux myrtilles

Ingrédients 

  • 65 g de farine de maïs
  • 65 g de farine d’épeautre
  • 1 c. à c. de bicarbonate de sodium
  • ½ c. à c. de sel
  • 2 œufs
  • 300 ml de lait de riz
  • 1 c. à s. de sirop d’érable, plus un peu pour la garniture
  • Huile de tournesol, pour la cuisson
  • 200 g de myrtilles

Dans un saladier, mélangez soigneusement les deux farines, le bicarbonate de sodium et le sel. Dans un bol, battez les œufs avec le lait de riz et 1 c. à s. de sirop d’érable. Incorporez progressivement cette préparation liquide au contenu du saladier, en fouettant constamment. Mélangez soigneusement le tout. Faites chauffer à feu moyen une grande poêle antiadhésive. Versez-y une petite quantité d’huile. Ensuite, en fonction des dimensions de votre poêle, formez à l’aide d’une louche 3 ou 4 petites crêpes d’environ 10 cm de diamètre. Lorsque la pâte est prise, vous pouvez les retourner. Laissez-les cuire 1 minute maximum sur l’autre face. Continuez ainsi avec le reste de la pâte à crêpes. Garnissez ces crêpes de myrtilles, et servez-les nappées d’un filet de sirop d’érable.

Ces petites crêpes sont à la fois sucrées et consistantes. Elles permettent de rééquilibrer Vataet conviennent parfaitement à un jour d’été venteux ou à la période de transition vers l’automne. Le maïs et les myrtilles non chauffées renferment un peu d’énergie estivale. 

Comment faire : La posture debout pied en main

  • Ancrez-vous dans la posture de la Montagne. Les pieds à la largeur des hanches et le dos bien droit. Sentez le contact de vos pieds avec le sol.
  • Ramenez le poids à votre jambe gauche, renforcez-la en tendant l’avant de votre cuisse et en tordant l’extérieur de la cuisse vers l’intérieur. Soulevez ensuite la jambe droite en pliant le genou et en l’amenant vers votre estomac.
  • Saisissez votre gros orteil droit avec votre pouce droit, votre index et votre majeur. Si cela n’est pas possible, vous pouvez également saisir le côté de votre pied ou utiliser une ceinture de yoga.
  • Étirez votre jambe droite le plus en avant possible. Le pied droit appuie dans la main droite.
  • Choisissez un point fixe au niveau des yeux et respirez doucement pour maintenir l’équilibre.
  • Restez en équilibre dans la posture. Pour sortir de la pose, pliez le genou droit, relâchez l’orteil droit et mettez-vous dans une position debout confortable.
  • Changez de côté.

Soyez prudent si vous avez une blessure au genou ou des problèmes au bas du dos.

Comment faire : Ardha Bhekasana

La Demi-Grenouille exige une grande souplesse au niveau des muscles des cuisses. C’est pourquoi il est recommandé de s’exercer dans un premier temps avec le Héros allongé (Supta Virasana). Si vos muscles sont souples, vous pourrez pousser votre pied plus bas vers le sol en posture de la Demi-Grenouille.

Soirée Kirtan

Le Kirtan est un mantra sacré et un cercle de chant pour se connecter au plus profond de nous-même. Guidé par Jeanie Jyanti de l’Alchemy School of Yoga, en Irlande, asseyez-vous et laissez-vous guider par les vibrations cosmiques des mantras.
Envie de chanter ou juste d’écouter ? Nul besoin d’être un pro du chant ou du solfège pour en ressentir les bienfaits.

: The Space
Quand : 10/07/2020 de 20 h à 22 h
Tarif : 10 €
Inscription : ici