Les 5 leçons de vie de Krishna

 

  1. N’accordez pas trop d’importance au résultat

Selon Krishna, il est essentiel pour être heureux de ne pas accorder d’importance au résultat de nos actions. « On a le droit d’agir, mais on ne possède aucun droit sur le fruit de nos actions », dit-il à Arjuna. Il faut essayer de faire le bien sans se préoccuper du résultat, succès ou échec. Car il nous est impossible de l’influencer. Faire de son mieux et se détacher du reste, c’est recevoir en partage une chose bien plus précieuse : la paix intérieure.

 

  1. L’âme est indestructible

Krishna raconte à Arjuna que la vraie nature de chaque être vivant est une âme éternelle et indestructible. Lorsque le corps meurt, l’âme renaît grâce à la réincarnation. « Tout comme un homme jette ses vieux habits, l’âme jette le corps usé et entre dans un nouveau corps », dit Krishna. Bref, la vie a un sens. Chaque existence nous enseigne de nouvelles leçons et les expériences que nous y faisons vont nous servir pour la vie suivante. Faites de votre mieux pour mener une bonne vie, c’est salutaire pour votre âme.

 

  1. Inutile de vous stresser puisque vous n’êtes qu’un instrument

Krishna enseigne à Arjuna que ce n’est pas lui qui agit, mais qu’une volonté supérieure inspire et dirige ses actions. « Nimmita matram bhava sayasachin », dit Krishna : « Ne soyez qu’un instrument. » Nous nous épargnons bien du stress en comprenant que nous ne sommes qu’un instrument dans la main des dieux. Arrêtez de vous faire du souci et détendez-vous, ce n’est pas à vous de trouver toutes les solutions.

 

  1. Maîtrisez vos sens

L’attachement mène au désir et le désir à la colère, dit Krishna. Pour briser ce cercle vicieux, il est important de ne pas se lier à ce que Krishna appelle “les objets de la sensualité”, la beauté extérieure, le faste. Recroqueviller nos sens, tout « comme une tortue rétracte ses membres » et ne pas nous laisser ensorceler par ce que nous voyons, entendons, touchons sentons ou goûtons, mène à la paix intérieure. Comment faire pour y parvenir ? Krishna nous conseille d’être « persévérants dans le yoga ». Il faut donc beaucoup méditer !

 

  1. Exercez-vous sans faille

Arjuna se demande comment mettre en pratique les conseils de méditation et de yoga de Krishna. Ses pensées vont dans tous les sens. Il affirme que « la pensée connaît une agitation constante et aussi difficile à maîtriser que le vent ». Krishna lui donne un conseil aussi simple qu’efficace : exerce-toi sans faille ! « S’exercer sans faille et rester détaché permet de maîtriser la pensée. » Concrètement, cela se traduit par : ne te laisse pas entraîner par tes pensées lorsque tu médites, laisse-les tout simplement glisser et concentre-toi sur ta respiration. Et ce, quotidiennement, si possible.

Nouilles au miso et gingembre

2 personnes, 20-30 minutes

Ingrédients :

150 g de nouilles de riz noires ou blanches
½ tasse de pois chiches cuits
300 g d’épinards frais
375 ml d’eau
2 c. à c. de gingembre frais râpé
½ c. à s. de citronnelle moulue
3 feuilles de lime
1 c. à c. de mirin
½ c. à c. de graines de moutarde
1 grosse carotte
1 patate douce
4 tranches de racine de lotus
1 c. à c. de mélange quatre-épices
½ c. à s. de pâte de miso
Coriandre fraîche
Menthe fraîche
Facultatif : kimchi (légumes marinés)

Faites bouillir de l’eau dans une grosse casserole. Ajoutez les nouilles et faites cuire selon les instructions sur l’emballage. Lavez les pois chiches jusqu’à ce qu’ils cessent de mousser, et égouttez-les bien. Lavez les épinards et égouttez-les. Épluchez la carotte et la patate douce et coupez-les en tranches fines. Faites bouillir l’eau. Ajoutez gingembre, citronnelle, feuilles de lime, mirin et graines de moutarde. Faites cuire les légumes dans cette eau aromatisée, jusqu’à ce qu’ils soient cuits mais toujours croquants. Ajoutez les racines de lotus, la poudre quatre-épices, la pâte de miso et les pois chiches et réchauffez 5 minutes à feu doux. Placez les épinards et les nouilles dans deux bols ou assiettes creuses, puis versez la sauce. Garnissez de coriandre, de menthe et (éventuellement) de kimchi.

Bon appétit !

Les muffins veggie au houmous

Houmous :

1 boîte de pois chiches bio
¼ de botte de persil frais
½ gousse d’ail
¼ tasse d’huile d’olive
¼ tasse d’eau
½ c. à c. de curcuma
½ c. à c. de cumin
¼ piment rouge frais
sel de mer et poivre selon votre goût

 

Muffins :

1½ tasse de farine de sarrasin
½ tasse de farine de maïs
1 courgette
½ carotte (blanche)
½ botte de basilic
1 c. à s. d’origan
¼ c. à c. de cumin
une pincée de piment de Cayenne
1 échalote
1 tasse de lait végétal
2-3 c. à s. d’eau
2-3 c. à s. de graines de courge + une poignée pour garnir
2 c. à s. de psyllium ou de graines de lin (à trouver en magasin bio)
2 c. à s. d’huile de coco
½ citron, jus + zeste
1 c. à c. de poudre à lever
1 c. à c. de graines de pavot
sel de mer et poivre selon votre goût

Préchauffez le four à 200 °C. Huilez le moule à muffins. Râpez la carotte et la courgette dans un bol. Hachez grossièrement le basilic. Ajoutez la farine de maïs, la farine de sarrasin, le lait, l’origan, le cumin, le piment de Cayenne, les graines de pavot et l’eau, mélangez à la spatule. Ajoutez ensuite les graines, l’huile de coco, le psyllium, la poudre à lever, le jus et le zeste de citron, le sel et le poivre. Mélangez jusqu’à obtenir une pâte légère mais assez collante. Ajoutez de l’eau si la pâte est trop sèche. Divisez la pâte et versez dans les moules. Saupoudrez de graines de courge. Faites cuire au four 45 à 55 min. Laissez refroidir puis démoulez. Entre-temps, préparez le houmous en mixant tous les ingrédients dans un robot. Ajoutez de l’eau si le mélange est trop sec. Servez les muffins accompagnés de houmous.

Mon yoga au Canada

À Montréal, tout se décline dans une autre dimension, les rues sont très larges, les immeubles imposants et les distances bien plus grandes qu’il n’y paraît (petit conseil, calculez généreusement vos temps de trajet). Avec la photographe, nous avons commencé le séjour par une visite guidée en scooter électrique pour nous familiariser avec la belle cité qui a fêté ses 375 ans en 2017. Du haut du mont Royal qui a donné son nom à la ville, la vue est éblouissante.

Après une halte au légendaire St-Viateur Bagel pour y déguster leurs délicieux bagels, nous avons flâné au marché Jean Talon au cœur de La Petite Italie, superbement pourvu en fruits et légumes de producteurs locaux. J’ai été totalement séduite par le Plateau, le quartier portugais parsemé de jolies maisons colorées, parées d’escaliers en colimaçon et dont certaines façades étaient recouvertes de verdoyantes plantes grimpantes, apportant une tonalité champêtre.

Puis ce fut l’heure de notre premier cours de yoga, du Yoga Wall restorative chez Naada Yoga. De prime abord, me suspendre par un système de courroies ne me paraissait pas très rassurant. Mais aidée par les conseils attentifs d’Elizabeth Emberly, la fondatrice du studio, et après un Chien tête en bas incroyablement relaxant, je me suis retrouvée accrochée au mur la tête en bas. Alors, j’ai senti toutes les tensions situées dans les hanches et le bas du dos se défaire progressivement. M’abandonner à la force de gravité en toute confiance a engendré un lâcher-prise et un recentrage bienvenus après le long voyage en avion.

Le soir, après avoir dîné dans un des délicieux restaurants végétariens, nombreux ici, nous avons musardé dans les rues illuminées de guirlandes, admiré les gigantesques fresques murales disséminées à chaque détour, témoignages du festival mural d’art urbain qui a lieu chaque année en juin, avant d’aller nous balancer un moment sur l’une des 21 balançoires chantantes au quartier des Spectacles.

Le lendemain, nous nous sommes essayées au Sup Yoga sur… le Saint-Laurent. Après quelques exercices pour apprendre le maniement du paddle, on s’éloigne de la berge – et de la vie courante. Planches accrochées à des bouées, la séance de yoga commence. L’enjeu n’a pas tant résidé dans la réalisation de postures parfaites que dans la sollicitation des muscles profonds nécessaires pour garder l‘équilibre. Entourée d’eau et réconfortée par les chauds rayons du soleil, j’ai pris pleinement conscience des pensées parasites qui me déconcentraient – comme « je vais tomber » –, ce qui a immanquablement provoqué ce que je voulais éviter : le plongeon dans le fleuve !

Après un cours exigeant de Moksha Yoga, 40 postures ultradynamiques enchaînées dans une atmosphère chaude, nous avons accompli le fabuleux cycle d’eaux du Spa nordique Bota Bota installé dans un ancien traversier amarré dans le Vieux-Port. La première étape se passe au sauna doté de pierres volcaniques ou au bain de vapeur fleurant bon l’huile essentielle d’eucalyptus pour éliminer les toxines puis, courage, on s’immerge dans un grand baquet d’eau (très) froide, tête comprise pour stimuler le rythme cardiaque et refermer les pores de la peau. Ensuite, immersion dans les bains tièdes à remous situés sur le pont qui massent tout en douceur, avant de se laisser aller dans les balancelles pour un moment de détente absolue. Et là, le regard perdu sur le Saint-Laurent, on ne pense plus à rien. Il est conseillé de répéter le cycle trois à quatre fois pour en tirer tous les bienfaits…

C’est reposées et ravies que nous sommes allées louer un char pour rejoindre le festival Wanderlust au mont Tremblant dans les Laurentides. Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtées pour une séance inoubliable de Sup Paddle sur un des lacs de Wenworth, guidées par Jonathan et Pascale, couple dans la vie et fondateurs d’Echo Aloha, entreprise mobile de Sup. Ils viennent à vous dans toutes les Laurentides pour dispenser leurs séances et animer des sorties inédites. Génial !

Photographies Laurine Abrieu, Céline Dupuy, Wanderlust

Aux origines, le Hatha Yoga

Faites le test bien connu qui consiste à fermer les yeux et à poser un doigt sur le bout de votre nez. Trop difficile ? Alors vous êtes une de ces nombreuses personnes pour qui le corps, les sens et l’esprit sont complètement déconnectés. Vous savez que vous avez une jambe car vous la voyez, là, devant vous, mais vous ne la sentez pas réellement : est-elle détendue, raide, lourde ? C’est cette connexion entre le corps et l’esprit que cherche à développer le Hatha Yoga.

Il y a deux mille ans, le sage indien Patanjali décrivait dans les Yoga Sûtra les huit piliers du yoga, qui permettent de vivre une vie authentique. Le premier, yama, porte sur l’éthique ; le deuxième, niyama, sur l’autodiscipline. Les troisième et quatrième principes, asana et pranayama, forment la base du Hatha Yoga. Asana signifie posture et pranayama contrôle de la respiration.

Postures et respirations

Le Hatha yoga s’est développé sans véritable maître spirituel. C’est pour cette raison que cette discipline reste très ouverte et que chacun peut la pratiquer à sa façon. La première source avérée est le texte Hatha Yoga Pradipika, datant du xve siècle, qu’on nomme encore aujourd’hui la Bible du yoga. Le maître spirituel Swatmarama y décrit le chemin à suivre pour accéder au yoga “royal”, supérieur à tous les autres. Il y présente une série complète de postures et de respirations, toutes divisées en quatre temps :

  • Préparation: dans une position neutre et détendue, on essaie de se concentrer sur l’instant présent.
  • Prise de position: on adopte alors la posture de façon fluide et naturelle, sans forcer. La technique physique n’est pas importante, c’est surtout le ressenti qui importe en yoga.
  • Maintien de la posture: en prêtant attention à sa respiration, on maintient la position, les muscles restant actifs.
  • Observation: après s’être placé dans une position de repos, on réfléchit à la posture qu’on vient de prendre. Au fur et à mesure des séances, la posture devient plus familière, ce qui permet de mieux se concentrer dessus. Elle devient alors une position mentale autant que physique.

Le pranayama se divise lui aussi en quatre temps : inspiration, pause poumons remplis, expiration, pause poumons vides. Cet exercice est essentiel, car la plupart des gens respirent trop vite et trop superficiellement. En Hatha Yoga, on apprend à approfondir sa respiration, ce qui purifie et donne de l’énergie. Françoise Colombo, qui enseigne le Hatha Yoga depuis plus de 20 ans, explique : « La respiration agit sur les tensions et permet de contrôler le système nerveux autonome. Elle aide à relativiser ;  le physique vient à l’aide du mental. » Bien respirer facilite la pratique du yoga et en maximise les bienfaits.

Sport ou développement de la conscience ?

C’est à la fin de la Seconde Guerre mondiale que le Hatha yoga a fait son apparition en Occident. En France, c’est Félix Guyot, philosophe et journaliste féru d’hindouisme, qui ouvrit la première école de Hatha Yoga en 1945. Il écrivit de nombreux ouvrages sur le yoga qui sont désormais épuisés. La Fédération française de Hatha Yoga (FFHY) fut fondée en 1968 par Shri Mahesh Ghatradyal, champion de la course à pied indien qui obtint une bourse pour venir étudier à l’École Supérieure d’Éducation Physique de Joinville en 1942. Il fut accueilli dans la famille de Françoise Dolto et fit des démonstrations de yoga aux élèves de l’École Française d’Orthopédie et de Massage dont Boris Dolto, le mari de Françoise, était le directeur.

Depuis, 2 courants principaux se sont distingués : l’un mettant plutôt en avant l’aspect sportif et sain de la pratique, l’autre qui se concentre plutôt sur l’aspect spirituel. Désormais, de nombreux professeurs mêlent les deux approches car les postures nous aident à mieux nous connaître… ce qui nous permet d’être en meilleure santé. Aujourd’hui, la FFHY, qui a pour vocation de promouvoir le yoga dans son esprit traditionnel à travers l’étude et la pratique du yoga ainsi que la formation, réunit près de 600 professeurs et plus de 11 000 adhérents.

Lâcher prise sans laisser aller

Pour la professeure de yoga Suzanne Beenackers, l’image du yoga a bien changé au fil des années : « Quand j’étais enfant, ma mère m’obligeait à suivre des cours de yoga, mais je trouvais ça trop passif, trop sérieux. J’associais ça aux hippies, aux femmes enceintes. Ce n’est qu’à la fin des années 1990 que Madonna – une personne si douée et énergique – m’a montré que ce n’était pas seulement ça, le yoga. Entre-temps, j’avais fait beaucoup de course à pied, et mon corps n’allait pas bien. Je me suis mise au yoga, et je n’ai plus jamais touché à mes baskets. »

Selon Rob Obermeijer, professeur à Utrecht, certains mettent du temps à s’habituer à l’approche particulière du Hatha Yoga : « Dans notre culture, on trouve très importantes la réussite et la perfection. Pourtant, faire bien ou faire mal, ce n’est qu’une question d’ego, alors qu’en Hatha, on essaie justement de lâcher prise, de laisser faire les choses et de les accepter comme elles sont. On ne peut y arriver qu’avec son propre corps, ses propres forces. Si je me mettais à trop parler, à trop corriger, ce serait une source de distraction pour mes élèves. Et ce serait une façon de ramener l’attention vers moi, ce qui n’est pas du tout le but. » Ce que la professeur Françoise Colombo résume ainsi : « dans le yoga, on doit apprendre à lâcher prise mais sans laisser aller. »

Se sentir en harmonie

La différence entre les diverses formes de yoga s’est exacerbée ces dernières années : Iyengar, Bikram, Jivamukti, Vini, Ashtanga… Les uns sont plutôt sportifs, les autres plus spirituels, mais tous découlent du Hatha yoga. « Les modes vont et viennent, ce qui permet de ne pas se laisser aller à la routine. Le problème, c’est que ce sont souvent les effets secondaires du yoga qui sont mis en avant : une meilleure qualité de sommeil, un corps plus mince. Tout ça, c’est superficiel. Oui, on dort mieux lorsqu’on fait du yoga, mais c’est parce qu’on a une meilleure conscience de son corps et de son esprit. »

Pour Françoise Colombo, quels que soient le lieu et le style de yoga, le plus important est de se sentir en harmonie avec son professeur. Celui-ci va aider l’élève à vivre le yoga. Elle nous rappelle que le yoga est une quête et non une conquête.

Beenackers insiste elle aussi sur les deux aspects de la pratique du yoga : « Le Hatha permet d’atteindre une forme physique optimale, ce qui améliore la santé mentale. Le Hatha ne fait pas de nous des yogis, mais plutôt des sadhakas, c’est-à-dire des étudiants de la vie. »

Texte : Vrouwkje Tuinman

Masterclass avec Sharon Gannon

« Dans cette série, nous nous ouvrons à notre force sexuelle et créative, et nous abandonnons nos récriminations. Nous ouvrons notre cœur pour donner sans rien attendre en retour. Tout le monde peut devenir un militant spirituel et faire le bien autour de soi. Tout le monde abrite un Martin Luther King, que nous pouvons libérer grâce à la pratique du yoga. » Sharon Gannon

Yoga Kundalini, réveillez le serpent !

Découvrez le portrait d’Anne Bianchi, la créatrice du studio de Kundalini Yoga Satnam Montmartre, dans Yoga magazine #25. En kiosque dès le 22 mai 2019 !

 

« Si le yoga n’était qu’une question de souplesse, les clowns de cirque seraient les meilleurs yogis », ironisait Yogi Bhajan, le père spirituel du courant Kundalini. Le yoga, cependant, ne se résume pas à la capacité à se contorsionner. Un corps souple et en bonne santé est certes un objectif important, mais le yoga a plus encore à offrir sur le plan mental. Et on ne parle pas seulement de spiritualité : le Yoga Kundalini peut également vous aider à mieux gérer les tracas du quotidien. Les exercices, accessibles à tout le monde, produisent rapidement leurs bienfaits. « Si vous pouvez respirer, vous pouvez faire du yoga, affirmait Yogi Bhajan. Si je peux le faire, tout le monde peut le faire ! »

Léveil de la conscience

Le Yoga Kundalini est issu de la tradition tantrique, dont le principe de base est que tout est relié. Selon le cœur de cette philosophie, l’univers tout entier vit en chacun de nous et nous sommes également une petite partie du grand Tout. En Occident, on associe souvent le tantra à l’érotisme. En réalité, le sexe y est envisagé comme un échange énergétique propre à favoriser la croissance spirituelle. Le but du tantra ? Faire monter l’énergie des chakras inférieurs, les centres énergétiques concentrant les désirs les plus terrestres et égocentriques, vers les chakras supérieurs, qui ouvrent à l’amour et à la relation. L’énergie dont on parle est l’énergie kundalini. Accumulée dans le premier chakra, au niveau du coccyx, elle est représentée par un serpent endormi, enroulé sur lui-même. Dès que ce serpent, symbole de la conscience, s’éveille, il monte à travers les chakras pour nous amener à un état supérieur de l’être. Le Yoga Kundalini est une manière d’activer cette énergie et de la faire circuler en vous. « La kundalini peut se voir comme le nerf de notre âme ; elle est en chacun de nous. C’est notre potentiel créatif humain », précise Anne Esménard, professeur à Marseille.

La pratique du Yoga Kundalini se caractérise par son dynamisme. On bouge beaucoup durant les postures afin, justement, de réveiller cette énergie. Vous décrivez par exemple de petits cercles avec votre bassin ou rentrez toujours plus fortement le nombril en expirant, lors de la Respiration du feu. Ceci contraste avec le Hatha Yoga, dont les postures sont en général plus statiques car tenues plus longtemps. Cela étant, une leçon de Kundalini comprend toutes sortes d’exercices de respiration (pranayamas), de méditation et de mantras. Les mantras sont essentiellement en gurmukhi, qui est la langue des Sikhs au Pendjab. Yogi Bhajan était sikh et employait des mantras issus des textes sacrés de sa culture. Son origine explique également le turban que portent beaucoup de yogis Kundalini et le nom spirituel que prennent souvent leurs élèves. Les femmes reçoivent un nom finissant par Kaur, princesse, tandis que les hommes sont désignés par Singh, lion.

Des années de préparation

Le Yoga Kundalini est le fruit d’une tradition ancestrale de yogis qui vivaient dans les montagnes inaccessibles de l’Himalaya. Des milliers d’années durant, ils ont transmis leurs connaissances oralement de maître à élève dans le plus grand secret, afin d’éviter que la puissante énergie du Yoga Kundalini soit mal utilisée. Mal employée, elle peut en effet être dangereuse. Des cas ont ainsi été décrits de personnes frappées de psychose ou littéralement consumées de l’intérieur par l’énergie kundalini brutalement libérée à travers leur corps. Plus tard, une partie des techniques du Yoga Kundalini ont été relatées par écrit.

Il faut cependant attendre les années 1970 pour que cette forme de yoga gagne le grand public, grâce à Yogi Bhajan (1929-2004). Dès l’enfance, cet Indien, né Harbhajan Singh, est porteur d’une mission. Il écoute, captivé, les histoires spirituelles de son grand-père. Fasciné par la spiritualité, le jeune Harbhajan cherche ailleurs la sagesse qu’il ne trouve pas sur les bancs de l’école. Il visite des sages et des yogis ascètes, les sadhus pour élargir le spectre de ses connaissances. Il suit dès l’âge de 8 ans l’enseignement du maître Sant Hazara Singh. C’est sous sa conduite qu’il apprend notamment le Yoga Kundalini, le tantra et le gatka, un art martial à l’épée.

Après des années d’entraînement intensif, il reçoit à 16 ans le titre de maître de yoga. Son professeur lui prédit qu’à l’âge de 40 ans, il diffusera la connaissance acquise. Où et comment, il l’ignore, mais Harbhajan se prépare rigoureusement à sa tâche. Il fait tout cela en marge de ses études d’économie, de son travail et de sa vie de famille. Grâce à son métier d’inspecteur des douanes dans de grands aéroports, il voyage à travers toute l’Inde, saisissant toutes les occasions pour rendre visite à des saints, swamis et ashrams reculés. Il s’emploiera ainsi pendant près de vingt ans à perfectionner sa connaissance du Yoga Kundalini.

Élèves hippies

En 1968, Harbhajan met le cap sur le Canada. En trois mois, il monte un centre de yoga et donne une interview à la télévision nationale. Début 1969, alors qu’il rend visite à un ami à Los Angeles, il trouve sa vocation. Les hippies californiens recourent aux drogues pour accéder à un autre état de conscience et plaident pour

la paix dans le monde et l’égalité sociale. Harbhajan convainc les hippies qu’il est possible d’atteindre les mêmes sphères grâce au Yoga Kundalini. Les hippies raccourcissent affectueusement son nom en Yogi Bhajan et c’est sous ce surnom qu’il entre dans l’Histoire. La prédiction de son vieux maître s’est accomplie.

Dans les années 1970, la diffusion du Yoga Kundalini s’accélère : Yogi Bhajan crée plusieurs organisations dans le monde. Parmi elles, 3HO, la Happy Healthy Holy Organization. Yogi Bhajan estime qu’il est un droit fondamental de tout un chacun d’être à la fois heureux, en bonne santé et en harmonie avec soi et le monde. 3

HO prône un mode de vie sain, pour les individus comme pour l’environnement. À côté de cette organisation apparaissent des centaines d’ashrams en Amérique et en Europe. Le thé qu’il sert après chaque leçon de yoga entre en production. Le Yogi Tea commence à une échelle réduite, où tout est encore pesé et emballé à la main, avant de devenir le riche assortiment de thés ayurvédiques que l’on connaît, disponible dans le monde entier. Dans les années 1990, le yoga vit une deuxième phase de croissance, du fait de l’engouement qu’il suscite. Pour Yogi Bhajan, l’important est que « la pratique reste aussi simple que possible afin de pouvoir l’utiliser facilement dans la vie de tous les jours. De manière à ce que tout un chacun puisse se sentir mieux, être visiblement plus en forme et plus heureux ». C’est pourquoi il n’hésite pas à donner des conseils pratiques pour garder une apparence plus jeune ou encore pour acquérir richesse et succès. Non pas pour se mettre lui-même sous les projecteurs, mais uniquement pour transmettre des leçons universelles vieilles de plusieurs milliers d’années.

 

Soyez un phare

Chloé Keraghel, Dharam Kaur de son nom spirituel, est enseignante depuis plus de 15 ans de Yoga Kundalini. « Un cours de Yoga Kundalini se compose de mantras d’ouverture (Adi Mantra pour relier notre conscience individuelle à la conscience universelle et Mangala Charn Mantra), d’exercices d’échauffement et de pranayama librement composés par le professeur et d’un ou plusieurs kriyas, les exercices enseignés par Yogi Bhajan. Suivent une relaxation et une méditation. Nous terminons chaque classe en chantant May the long time et le mantra Sat Nam. » Ce côté pratique du Kundalini est toujours présent dans les leçons. Dans les séries d’exercices et les méditations, on travaille de manière très ciblée sur un thème physique, émotionnel, énergétique ou spirituel.

« Les kriyas sont des séries d’exercices établies suivant une séquence et un minutage très précis, avec un objectif prédéterminé, précise Catherine Saurat, professeur de Yoga Kundalini, Yin Yoga et Child Play Yoga. Comme les méditations, les kriyas peuvent être donnés ponctuellement pour un cours ou suivis sur des périodes de 40, 90, 120 jours ou plus pour répondre à une problématique ou à une envie particulière dans une démarche personnelle. »

Vous pouvez ainsi apprendre à vous défaire de votre colère, à ouvrir le chakra de la gorge pour une meilleure communication ou, à un niveau plus spirituel, à accroître votre connexion à l’univers.

Serviabilité, compassion et humilité sont les grands piliers des leçons de Yogi Bhajan. Aider les autres rend heureux : « Soyez un phare : en dirigeant votre lumière sur les autres, vous les aiderez à atteindre leur but et à être heureux. Et si vous aidez les autres, Dieu vous aidera. C’est aussi simple que ça », enseignait-il.

Texte : Jenny van den Heuvel et Sophie Fabre | Photographie : JBTLLC

Vrai ou faux ? Sept vérités et mythes sur le yoga

Accro au yoga depuis 1970, William Broad en fait pratiquement tous les jours. Le journaliste scientifique du New York Times écrit : « Tous ceux qui font du yoga en ressentent les bienfaits physiques. Le yoga calme et détend, guérit et régénère, donne de l’énergie et de la force. » Il affirme que l’on dit néanmoins beaucoup de bêtises au sujet du yoga. Il s’étonne qu’avec le grand nombre d’études existant sur les effets du yoga, il puisse y avoir un si grand manque de connaissances effectives des professeurs qui l’enseignent. Pour écrire The science of yoga, il a rencontré des scientifiques, des professeurs de yoga, des gourous, des médecins et des amateurs de yoga. Il en a conclu que « les risques et les avantages du yoga sont bien plus importants que je ne le pensais. Le yoga peut être mortel ou peut vous sauver la vie. Les autres sports sont un jeu d’enfant en comparaison avec le yoga ». Voici un panorama de ses découvertes les plus importantes.

 

  1. Le yoga calme et rend heureux – VRAI !

Rien de neuf pour tous ceux qui font du yoga, mais c’est aussi confirmé scientifiquement : le yoga met de bonne humeur. Une étude a comparé trois groupes : le premier a fait du yoga durant quatre mois, le deuxième du cyclisme et le troisième rien de spécial. Résultat des courses ? Les yogis dormaient mieux, avaient plus d’énergie, se sentaient plus souples, avaient de meilleures relations avec leur famille, étaient plus joyeux, avaient plus confiance en eux et étaient plus satisfaits de leur vie. Et, ce qui ne gâche rien, ils se trouvaient plus beaux.

En 2010, l’université du Maryland a compulsé minutieusement plus de 80 études dans lesquelles on comparait le yoga à d’autres formes de sport.

Résultat : le yoga est aussi bon ou meilleur que les autres sports pour diminuer la peur, le stress, la fatigue, la douleur et le taux de cholestérol, pour conserver un bon équilibre psychique et pour augmenter la bonne humeur et la qualité de vie, tant au niveau social que professionnel.

« Cela m’a sauvé la vie », affirme l’Américaine Amy Weintraub, qui raconte dans Yoga for depression (Harmony, 2003) qu’elle a vécu durant des années dans une sorte de brouillard. Les antidépresseurs ne servaient à rien. Puis, elle a découvert le yoga. Moins d’un an plus tard, elle a pu se débarrasser des médicaments qu’elle prenait depuis neuf ans, elle revivait. Des recherches menées sur le neurotransmetteur GABA (il aide à combattre la dépression et a un effet tranquillisant) apportent une caution médicale à cette expérience. Il est prouvé que le niveau GABA peut augmenter de 27 % dès une première séance de yoga d’une heure. Chez les personnes qui faisaient du yoga depuis 10 ans, cette augmentation était de 47 % et chez un participant qui pratiquait cinq fois par semaine, l’augmentation atteignait même 80 %.

Non seulement le yoga est un antidépresseur naturel, mais il aide également à combattre l’angoisse. De jeunes musiciens qui faisaient deux séances de yoga par jour souffraient beaucoup moins du trac que les musiciens du groupe de contrôle. Ils ressentaient également moins des tensions, comme la dépression ou la colère. Le chercheur de Harvard qui a fait cette étude – et qui a lui-même un tapis de yoga sous son bureau – a confié à William Broad : « Le yoga les fait vivre dans l’instant. Il leur procure joie et énergie pendant qu’ils font de la musique. » Un an plus tard, la plupart des musiciens faisaient toujours du yoga et affirmaient que leurs prestations musicales s’en étaient trouvées améliorées.

 

 

  1. Le yoga fait maigrir – VRAI… ET FAUX

La plupart des professeurs de yoga sont bien bâtis ; ils sont minces, ont une silhouette joliment musclée, de belles fesses… donc la pratique du yoga amincit… Pas vrai ? Pas exactement, répond William Broad. Le yoga ralentit la respiration, et donc les battements du cœur, fait baisser la pression artérielle et le besoin en oxygène. Le corps a besoin de moins d’énergie et brûle donc moins de calories. Une étude a montré que le métabolisme des hommes qui faisaient du yoga se ralentissait de 8 %. Chez les femmes, ce ralentissement pouvait atteindre 18 %. Puisque le corps brûle les calories plus lentement, en théorie, on devrait donc prendre du poids en mangeant la même chose qu’en ne faisant pas de yoga.

Comment se fait-il alors que l’on voit si peu de yogis en surpoids ? Le yoga influence la création des hormones de stress. Il diminue de manière importante la quantité de cortisol, l’hormone du stress. Le cortisol est responsable de l’accumulation de la graisse sur le ventre : une réserve pour les moments de disette. Rien qu’en tenant une seule posture – celle du Cobra – durant trois minutes, le taux de cortisol des sujets d’étude diminuait de 11 % en moyenne. Moins de stress et un meilleur sommeil grâce au yoga font donc baisser la quantité de cortisol et aident à rester mince.

De plus, le yoga aide à mieux se nourrir car on est plus sensible à ce qui est sain et à ce qui ne l’est pas. On se sent mieux dans sa peau et on est donc moins enclin aux fringales émotionnelles.

 

  1. Le yoga aide à se sentir jeune – VRAI !

Lorsque l’explorateur Marco Polo est arrivé pour la première fois en Inde, il a noté que les yogis pouvaient vivre jusqu’à 200 ans. Il exagérait peut-être un tantinet, mais il est frappant que les maîtres yogis connus ont tous atteint un âge respectable : Krishnamacharya a vécu jusqu’à 101 ans, son disciple Indra Devi – auteur du livre Forever Young ! – jusqu’à 102 ans, Pattabhi Jois jusqu’à presque 94 ans, B.K.S Iyengar jusqu’à 96 ans. (Mais il est vrai que Yogananda est mort à 60 ans d’une crise cardiaque…)

Le yoga garde jeune, c’est effectivement prouvé scientifiquement. Les extrémités de nos chromosomes, nommées télomères, se raccourcissent à chaque fois qu’une cellule se divise. La longueur d’un télomère témoigne donc en partie de la “juvénilité” d’une personne. Le stress chronique (et une nourriture malsaine) attaque les télomères. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut ralentir l’horloge biologique en diminuant le stress. Une étude faite sur 24 hommes ayant pratiqué une heure de yoga quotidiennement durant six jours a prouvé que leur télomérase, le renouvellement des télomères, avait augmenté de 30 %. Ce renouvellement peut même se produire encore à un âge avancé. Il n’est donc jamais trop tard pour commencer le yoga !

L’état de votre colonne vertébrale indique également votre degré de juvénilité. Les exercices de yoga favorisent la circulation sanguine et l’apport de nutriments aux disques intervertébraux. Une colonne vertébrale souple est un signe de jeunesse. De plus, le yoga stimule la régénération des os et combat ainsi l’ostéoporose.

  1. La respiration profonde apporte plus d’oxygène au corps – FAUX !

« Inspirez et expirez profondément pour faire circuler plus d’oxygène dans votre corps. » C’est le genre de phrases qui circulent dans de nombreux cours de yoga, et tout le monde les adore. Oui à l’oxygène frais ! Hélas, cette histoire d’oxygène n’est qu’un mythe. Une respiration profonde ou superficielle ne change rien au taux d’oxygène dans le sang. « Le rythme de la respiration peut être très lent ou extrêmement rapide, cela n’influencera en rien le taux de O2, », écrit Broad. L’air qui nous entoure est saturé de O2, et l’hémoglobine, la protéine dans nos cellules rouges qui absorbe l’oxygène et qui le transporte des poumons vers les tissus, est également saturée d’oxygène, même au repos.

Même s’il est vrai que notre corps peut absorber plus ou moins d’oxygène, cela ne dépend pourtant en rien de la respiration, mais est en lien avec le rythme cardiaque, l’activité musculaire et le métabolisme. Les sports cardio-vasculaires intenses, comme la course à pied et la natation, augmentent le ventricule gauche qui pompe un sang gorgé d’oxygène vers les muscles et les tissus. Mais pour arriver à ce résultat, il faut pratiquer ces sports durant des mois. Qu’en est-il cependant des formes plus intensives du yoga, comme le Bikram ou l’Ashtanga ? Tous ceux qui ont fait dix Salutations du Soleil à la file savent que le rythme cardiaque s’en ressent. Différentes études montrent que les Salutations au Soleil ont une influence sur la condition physique, influence comparable à celle d’une marche rapide.

Et effectivement… lorsque je me retrouve toute transpirante sur mon tapis de yoga durant le cours de Bikram, je sens mes battements cardiaques augmenter considérablement. Je pose la question à Broad qui admet : « Peu de recherches se sont penchées sur ce sujet précis. Bien des choses n’ont pas encore été étudiées. »

  1. Le yoga, c’est bon pour la santé – VRAI !

Avez-vous l’impression de tomber moins souvent malade depuis que vous faites du yoga ? C’est tout à fait possible. Des études montrent que le yoga améliore le système immunitaire. Le métabolisme se ralentit, ce qui fait diminuer le stress et la pression artérielle ainsi que le rythme cardiaque. Comme les maladies cardio-vasculaires forment la plus grande cause de mortalité dans le monde occidental, le yoga peut jouer un rôle important pour la santé publique. Il contribue à réduire les facteurs de risque pour les maladies cardio-vasculaires : un taux élevé de cholestérol, de glucose et de fibrinogène (une protéine qui provoque les caillots sanguins). D’ailleurs, les médecins le constatent dans les consultations : les patients qui font du yoga vont moins souvent à l’hôpital, prennent moins de médicaments et ont moins de problèmes cardiaques.

Broad a fait une autre découverte surprenante durant sa quête sur les effets du yoga : l’influence du yoga sur le nerf vague. Il s’agit du nerf le plus important de notre corps. Il descend du tronc cérébral et se divise pour aller vers les poumons, le cœur, l’estomac et le foie. Ce nerf régule le système immunitaire. Les mouvements et la respiration lente durant les exercices de yoga le stimulent, ce qui permet de combattre les inflammations et les maladies auto-immunes telles que les rhumatismes. Une étude effectuée sur 64 patients souffrant de rhumatismes a montré qu’une semaine intensive de yoga permet d’atténuer la maladie. En effet, le facteur rhumatoïde avait diminué dans le sang et il leur était plus facile de tenir des objets, de sortir du lit et de marcher.

  1. Le yoga n’est pas dangereux – FAUX !

« Le yoga ne peut pas faire de mal », a affirmé un jour le fameux gourou Gitananda. Mais Broad affirme que pratiquer le yoga n’est pas toujours anodin et qu’il peut occasionner de sérieuses blessures. Et ce risque ne fait qu’augmenter dans notre société moderne où on passe d’un extrême à l’autre. Assis toute la journée derrière un bureau, le soir venu, on se tord dans des positions improbables. De plus en plus de styles de yoga ne mettent plus l’accent là où il le faudrait : sur le hic et nunc, sur la respiration, sur le ressenti du corps et se concentrent au contraire sur l’apparence et la prestation.

Broad évoque des professeurs de yoga américains qui ont complètement détruit leurs hanches, leur dos ou leurs genoux pour avoir mal fait des postures des années durant. Lorsqu’on se blesse au yoga, c’est en général aux articulations : les poignets, les chevilles, les genoux, les épaules et la nuque. On étire trop les ligaments qui lient les os et les articulations. Après cela, ils ne retrouvent plus leur forme première, les articulations sont donc trop lâches et ne sont plus assez soutenues. Ce risque est accru dans certaines formes de hot yoga, la chaleur permettant d’étirer plus facilement – et trop – les muscles.

Les risques peuvent être encore plus importants. On peut léser de fragiles vaisseaux sanguins et même occasionner une hémorragie cérébrale en effectuant certaines postures dans lesquelles on plie la nuque et où la pression sur les vertèbres cervicales est extrême. Cela peut aussi se passer chez le coiffeur si l’on penche trop sa tête en arrière vers le bassin où les cheveux sont lavés ; c’est le syndrome du salon de beauté.

Broad affirme que certaines postures devraient être classées “Interdites aux moins de 18 ans” car elles font dangereusement pression sur la nuque ou la tournent dans une position peu naturelle : le Poirier, la Chandelle, le Triangle, la Charrue, le Cobra, le Pont et l’Angle latéral. Il trouverait raisonnable d’éviter ces postures, ou d’être très prudent en les faisant. Il faudrait par exemple ne pas trop étirer la nuque vers l’arrière ou alors placer une couverture sous ses épaules lorsqu’on fait la Chandelle.

  1. Le yoga améliore la vie sexuelle – VRAI !

Elle y arrivait sans les mains. Une yogini a montré, sous contrôle scientifique, comment arriver à l’orgasme en se concentrant uniquement sur sa colonne vertébrale. « Dites-moi quel chakra vous voulez mesurer. Je peux avoir un orgasme via tous les centres d’énergie. »

Ce n’est peut-être pas aussi facile pour le yogi de base, mais il a été prouvé que le yoga améliore la vie sexuelle. Les personnes qui font du yoga depuis trois mois ont noté une amélioration dans toutes les catégories du plaisir sexuel : le désir, l’excitation, le plaisir, l’orgasme, la satisfaction, la confiance en soi et l’intimité émotionnelle. Le yoga diminue la quantité d’hormones de stress et augmente celle des hormones sexuelles. Une étude faite auprès d’hommes qui ont pratiqué le yoga durant six mois montre que leur niveau de testostérone avait augmenté de 57 %. La testostérone est fabriquée dans les testicules, qui sont stimulées par certaines postures, comme l’Arc par exemple, mais mieux vaut ne pas y penser durant votre prochain cours de yoga !

En plus de stimuler directement les organes sexuels, le yoga augmente aussi la sensualité grâce à des exercices de respiration spécifiques. La respiration rapide bhastrika, par exemple, oxygène moins les hautes fonctions du cerveau au profit des parties les plus basses qui commandent la sexualité. Des études ont prouvé que les femmes qui font des exercices de respiration rapide sont plus excitées lorsqu’elles regardent des films érotiques. La série Sex and the city a d’ailleurs inventé un mot pour décrire ce que ressent Samantha lorsqu’elle se retrouve entourée de personnes court vêtues, transpirantes et qui s’étirent en haletant : un “yogasme”. Encore un des nombreux miracles du yoga, dont l’influence dépasse largement votre petit tapis.

Texte : Heleen Peverelli, Illustrations : Deborah van der Schaaf

3 questions à… Marie Lefeuvre

Yoga magazine : Quels sont les bienfaits du yoga pour les adolescents en pleine construction ?

Marie Lefeuvre : Dès le début de l’année, ils arrivent stressés par la pression scolaire, celles de leurs parents, de leurs amis, de leur smartphone auquel ils sont arrimés. La séance devient l’un des rares moments où on ne leur demande aucune performance, où on leur renvoie que tout ce qu’ils font est bien.

Prévoyez-vous des séances particulières pour répondre à leurs attentes, ne pas lasser cette génération de zappeurs ?

Nous abordons rapidement la respiration simple et alternée, qu’ils captent très facilement. Ils peuvent ensuite s’en servir pour s’endormir, poser leur concentration, calmer le jeu quand tout s’emballe en eux.

À cet âge, le regard de l’autre est particulièrement important. Dans un premier temps, je propose des postures assises ou couchées pour qu’ils ne se regardent pas. Puis à deux pour ressentir le corps de l’autre, apprendre à rire ensemble. Avant de passer, au bout de deux ou trois mois, aux postures debout, les yeux ouverts.

Je suis toujours surprise par leur aisance à pénétrer dans l’imaginaire poétique. Aussi, je me sers souvent de récits pour guider l’enchaînement des postures, visualiser l’histoire dans chacune. Je ne leur demande pas de tenir longtemps chaque asana, mais avec rigueur. Et celle-ci n’est possible que parce que j’instaure toujours un temps d’échange, au début ou en fin de séance, pour leur permettre de ressentir comment l’émotion s’impacte dans le corps. Je suis souvent émue en observant qu’ils n’ont pas appris à identifier leurs qualités, ni à lire la joie, la tristesse… en eux et chez les autres. Nous pouvons alors avoir des échanges très riches sur le bonheur au quotidien et à quels indices on le reconnaît.

La fabrication de mandalas avec ce que l’on a sous la main fonctionne aussi particulièrement bien. Chacun rebondit sur le travail de l’autre, en l’enrichissant. C’est l’occasion d’expérimenter ensemble, en silence, pleinement concentrés. Et le résultat est toujours magnifique.

Comment les convaincre de se lancer ?

À un âge très narcissique, le meilleur argument est probablement de leur dire : « C’est une bonne manière d’être plus toi-même, de te consacrer un moment juste pour toi. » Les plus convaincants sont leurs amis qui pratiquent déjà. Et l’idéal serait, bien sûr, de les initier dès l’école.

 

Propos recueillis par Nelly Bétaille.

www.ateliers-yoga.fr

Pommes chaudes aux mûres et graines de courge confites

Ingrédients :

200 g de graines de courge
3 c. à s. de miel
10 g de beurre
10 grains de gros sel
2 pommes
100 g de mûres

Coupez les pommes en quatre, évidez-les puis coupez-les en tranches fines. Faites griller les graines de courge dans une poêle sèche, jusqu’à ce qu’elles dorent et qu’elles commencent à éclater. Ajoutez le miel, le beurre et le sel et mélangez avec une cuillère en bois jusqu’à ce que tout soit bien caramélisé. Ajoutez les tranches de pomme et continuez de mélanger. Versez sur du papier cuisson et laissez refroidir. Servez avec des mûres fraîches.