L’Inde, le berceau du yoga

Adepte du yoga depuis ses 12 ans, Esther Schweins s’envole pour l’Inde sur les traces de cette pratique ancestrale, synonyme de bien-être. De Delhi, aux villes saintes de Varanasi et Rishikesh, en passant par la fondation Isha dans le sud du pays, l’actrice allemande sillonne le pays jusqu’à Auroville, où une communauté internationale tente d’établir une société idéale. Entre une séance de Yoga du Rire, de thérapie sonique, de kalaripayattu, art martial le plus vieux du monde, ou encore lors d’un après-midi à recycler des déchets avec un maître spirituel, Esther Schweins découvre l’Inde dans toute sa complexité et spiritualité. Un beau documentaire qui dévoile une vision panoramique de cette pratique aux mille facettes, quelque peu paradoxale…

Disponible jusqu’au 13 mars 2020

Durée : 45 minutes

Pour visionner le documentaire c’est ici

Charge mentale : les enfants aussi

Si depuis plusieurs années la charge mentale des femmes a été dénoncée, elle n’est pas pour autant réservée à un genre, et encore moins aux parents. Car oui, d’après Aline Native Id Hammou, psychologue clinicienne, les enfants aussi la subissent et sont soumis au stress quotidiennement.  L’épuisement physique et psychologique n’est pas réservé aux adultes, loin de là !
Entre leur planning de Ministre et la pression scolaire et familiale pour devenir le meilleur, être un enfant s’avère souvent fatiguant. Agitation, stress, anxiété et parfois dépression, cet ouvrage décrypte les comportements et les mécanismes qui conduisent à cette surcharge émotionnelle et physique. À travers ces 220 pages, l’auteur nous livre des outils afin de permettre aux parents d’en reconnaître les signes et guider leur enfant à se construire de manière paisible.

La charge mentale des enfants • Aline Native Id Hammou • Larousse •  janvier 2020 • 220 pages • 14,95 €

 

Fertility Yoga au Centre Élément

Venu tout droit des États-Unis, le Fertility Yoga est un Yoga Hatha dont les positions pratiquées sont fonction de la période de votre cycle hormonal. Une étude d’Harvard a démontré son efficacité dans les cas d’infertilité : pratiqué de façon bi-hebdomadaire 3 mois en amont d’une fécondation in vitro (FIV), il a augmenté le taux de grossesse de 20 à 52 %.
Ce yoga spécifique associe des postures douces au sol, des respirations abdominales et des techniques de méditation, dirigeant ainsi l’énergie vitale dans le bassin et permettant une meilleure ouverture des hanches afin d’améliorer la communication entre le cerveau et les ovaires.

Animé par la professeure Kalyan Jot qui s’est formée au Fertility Yoga auprès d’Ana Davis, le prochain atelier Yoga de la Fertilité aura lieu le samedi 1er février de 16 h 30 à 18 h 30 au Centre Élément à Paris.

Texte : Juliana Metheyer

Méditation, boulot, dodo

Nous passons en moyenne 3 h 30 par semaine dans les transports en commun. Du temps que l’on considère souvent à tort comme « perdu ». Et si vous transformiez vos trajets quotidiens dans le métro, bus ou tramway en une occasion de prendre soin de vous ?
Diplômée de l’École française de sophrologie, Cindy Chapelle nous livre ses astuces pour s’ancrer dans le moment présent lors des actions simples du quotidien. À travers des méditations guidées et des exercices pratiques de pleine conscience, ce livre vous apprendra à transformer vos trajets, parfois pénibles, en séances de méditation paisible.
Une nouvelle approche pour instaurer ce rituel dans votre vie et rester zen en toutes circonstances.

Méditer dans le métro, le bus, le tram • Cindy Chapelle • Éditions Jouvence • 96 pages• 4 € 95

Illustration : Jean Augagneur

YOG’A Brest, c’était le 12 janvier

Pour cette 3èmeédition, la journée internationale de yoga à Brest se transforme et devient Yog’à Brest. Adepte ou simple débutant, cet évènement gratuit vise à promouvoir le yoga et ses bienfaits.
Au programme : les traditionnels Hatha, Vinyasa, Ashtanga ainsi que du Yoga prénatal, Yoga parents-enfants, Accro Yoga et Yin Yoga. Le tout ponctué de méditation, d’ateliers, conférences, de pratique de mantras et de massages traditionnels indiens.

Rendez-vous au 25 rue de Pontaniou, de 10 h à 18 h 30 muni de votre tapis.

Pour plus d’information sur le programme c’est ici

Yoga for Karuna : le bilan

Ils étaient plus d’une centaine à avoir semé des graines de solidarité partout en France. Pendant trois jours, professeurs, écoles et studios de yoga se sont mobilisés gratuitement pour organiser des cours dont les recettes ont été reversées à l’association Karuna-Shechen.

Pour cette deuxième édition de Yoga for Karuna, plus de 860 participants ont rejoint ce mouvement altruiste de yoga solidaire. Un succès fleurissant, puisque cette année l’association fondée par Matthieu Ricard, a collecté aux alentours de 43 500 €, soit quasiment le double de la première édition. Grâce à ses fonds collectés l’association vise à financer deux nouveaux projets : l’alphabétisation des femmes et le soutien des écoles maternelles à travers la formation d’instituteurs et l’achat de matériel.

Matthieu Ricard le souligne très bien : « Être altruiste nous permet d’aider autrui. Mais c’est également la manière la plus satisfaisante de vivre. »
Alors, en route pour une 3ème  Édition de Yoga For Karuna, là où comme le dit si bien  Sylvie Plouhinec, professeure bénévole : « L’expression ouvrir son cœur, prend une tout autre dimension.»

La 2ème Édition de Yoga For Karuna à La Montgolfière Paris ©DephineJoly

Retrouvez le reportage  ici

Texte : Juliana Metheyer ; Photographies : Delphine Joly

Baba Ram Dass est décédé à 88 ans

Né le 6 avril 1931 à Boston, Richard Alpert se tourne à 18 ans vers des études de psychologie. Il obtient son doctorat à l’université de Stanford puis occupe un poste d’enseignant à Harvard. C’est au sein de cette prestigieuse université qu’Alpert fait la rencontre qui va changer sa vie : Timothy Leary, un chercheur en psychologie spécialisé dans les bienfaits thérapeutiques des drogues psychédéliques. Nous sommes au début des années 1960, et les deux acolytes deviennent rapidement passionnés par les effets du LSD – une substance légale aux États-Unis jusqu’en 1968. S’impliquant personnellement dans de très nombreuses expérimentations, Alpert dit trouver, par la prise de LSD, un moyen d’entrer en contact avec son âme… jusqu’à ce que les effets exaltants redescendent.

Renvoyé d’Harvard pour avoir impliqué des élèves dans ses recherches, Alpert continue ses expérimentations jusqu’à un voyage providentiel en Inde. C’est là, à l’âge de 39 ans, qu’il fait la rencontre de Neem Karoli Baba. « Aime tout le monde et dis la vérité », lui enjoint quotidiennement le gourou – qui lui donne son nouveau nom : Ram Dass, le serviteur de Dieu. À travers ses enseignements du yoga et de la méditation, Ram Dass découvre un moyen naturel de ne jamais « redescendre ». Dans une récente interview, l’américain racontait avoir donné du LSD à son maître… et que celui-ci n’avait ressenti aucun effet. L’amour, lui dit le maître, est une drogue bien plus puissante.

Be here now de Baba Ram Dass

De retour aux États-Unis, il organise des rencontres pour chanter des mantras, méditer, et se lance bientôt dans un circuit national de conférences pour partager les leçons de son maître. En 1971, il publie Be Here Now, devenu une véritable « bible de la contre-culture » des années 1970. Vendu à plusieurs millions d’exemplaires, le livre, raconte la quête spirituelle de Ram Dass. Sa leçon ? Identifiez-vous à votre âme, pas à votre ego.

Au cours des années 1970 et 80, Ram Dass a cocréé deux ONG : la Fondation Seva, qui vient en aide aux personnes malvoyantes dans plus de 20 pays, et la Fondation Hanuman, qui a notamment mis en place des programmes de méditation dans les prisons américaines.

©Instagram @morissavital

En 1997, un AVC le laisse en partie paralysé. Dans Vieillir en pleine conscience (son seul livre traduit en français), il raconte son acceptation de la mort suite à cet accident : « La mort ne me terrifie plus comme elle le faisait, écrit-il. Si je suis dans un bon jour, le mental en paix, je peux dire qu’elle m’attire autant que la vie. Comme mon attaque m’a vraiment rapproché d’elle, j’ai appris à me détacher de ce corps, à demeurer vigilant dans la tranquillité, semblable à un oiseau immobile qui se tient sur une branche sèche prêt à s’envoler. » Ram Dass s’est envolé le 22 décembre, chez lui, à Hawaï.

Envie d’en savoir plus ?

• Un documentaire sorti en 2018, Going home (en français : Ram Dass, le pouvoir de l’instant présent, disponible sur Netflix) raconte son cheminement depuis son AVC et son acceptation de la mort : « L’accident est insupportable pour l’ego. Mon AVC m’a poussé vers l’intérieur, vers mon âme. »

• Retrouvez de nombreux extraits de conférences données entre les années 1980 et 2019 ici .

Texte : Clémentine Koenig ; Photographies : Love Serve Remember Foundation

Comment faire : Ardha Chandrasana

Rendez-vous avec Anne Cazaubon

Son outil de prédilection pour prendre soin d’elle ? Le yoga… Elle a accepté de nous en dire plus.

Comment avez-vous découvert le yoga ?
Il y a quinze ans, j’ai vécu un gros passage à vide qui m’a menée sur un chemin de développement personnel. Progressivement, grâce à des stages en rebirth, en danse derviche, en thérapie transpersonnelle…, je me suis rassemblée. En 2015, à nouveau en baisse de forme, je vomissais du sang à cause du stress. Une amie m’a alors proposé de la suivre dans un stage de yoga de dix jours dans l’ashram d’Amma, en Inde. Totalement néophyte, je me suis retrouvée à pratiquer sept heures par jour…

Comment avez-vous vécu cette expérience intense en Inde ?
Nous pratiquions sur le toit d’un immeuble, sous des bâches. L’enseignant américain, fidèle d’Amma, faisait preuve d’une grande ouverture spirituelle : il nous lisait des textes de sainte Thérèse de Lisieux, Le Prophètede Khalil Gibran, les Upanishad. J’ai vécu les séances d’asanascomme une rencontre avec mon corps. Pendant ce séjour, j’ai senti mes contours se redéfinir. Moi qui peux avoir tendance à la dispersion, je me suis rassemblée encore un peu plus. Chaque posture déclenchait des spasmes, des larmes. L’ouverture de cœur s’est souvent faite de manière lacrymale. La joie venait ensuite. S’ouvrir à son être intérieur, c’est vivre la remontée de bulles de vase à la surface. Quelque chose en moi disait : « Ah, enfin ! »Toutes mes cellules applaudissaient. Et j’ai pu mieux accepter mon corps.

En quoi le yoga vous accompagne-t-il dans cette acceptation ?
Depuis très jeune, mon poids joue au yoyo. Je connais bien le phénomène des kilos émotionnels dus à la culpabilité. Le yoga me permet de retrouver la voie du milieu. Avant de le découvrir, je pensais qu’il fallait être filiforme, sportive ou danseuse pour pratiquer le yoga. En franchissant la porte des salles de yoga, j’ai découvert des gens de toute corpulence, de tout âge. Chacun avec ses blessures du corps ou de l’âme, visibles ou invisibles. Le chemin d’acceptation n’est pas facile. Mais grâce au yoga, je suis plus à l’écoute, je mange en conscience et je ressens moins le besoin de me remplir. Mes kilos partent, sans faire de régime particulier. Et j’ai décidé de ne plus me peser, c’est très libérateur !

À quoi le yoga est-il un antidote, pour vous ?
À l’immobilité intérieure. Il remet l’énergie en mouvement, tous les pores crépitent jusqu’au bout des doigts. Par les sensations de bien-être qu’il procure après Savasana, le yoga est un antidote au mal-être. Pour moi, c’est aussi un remède contre l’insomnie. J’ai une conférence de rédaction dans la tête en permanence : le yoga me calme.

Le yoga serait-il une thérapie à vos yeux ?
Oui, le yoga me soigne. J’ai suivi une thérapie pendant quinze ans avant de découvrir cette pratique. Explorer la spiritualité sans passer par la case thérapie m’aurait dérangée. Le yoga a libéré la petite fille intérieure qui était assise en boule dans un coin de moi. Elle pleurait parce que je ne l’écoutais pas, c’est ce qui m’a rendue malade. L’enfant intérieur détient la clé de deux trésors : notre créativité et notre essence profonde. C’est avec la thérapie, la méditation et le yoga que j’ai pu amorcer la descente en spéléo en moi. Au passage, j’ai croisé des chauves-souris, des décharges nauséabondes. Peu à peu, cela nous mène à l’alignement corps-esprit-âme. C’est finalement ce qui se joue sur un tapis de yoga. Comme dans la vie.

Justement, dans vos chroniques, il vous arrive de faire le lien entre la vie et la pratique du yoga…
Je trouve que beaucoup de phrases prononcées par le professeur sur un tapis de yoga résonnent également dans nos vies, pour qui veut bien les entendre. Lors d’une séance, ma prof a lancé de sa voix suave : « Écoutez-vous et surtout ne forcez pas. Si la posture est source de souffrance, si c’est douloureux, n’hésitez pas à la quitter. »C’est devenu mon mantra ! Parfois, dans la vie, nous jouons des rôles : la fille ou le fils parfait, le bon petit soldat, le gendre idéal… Quand cette posture est douloureuse pour nous-mêmes, osons-nous nous extraire de la situation ? De même, j’aimerais réussir la posture sur la tête, je la trouve à la fois esthétique et bénéfique. J’essaie, n’y parviens pas et commence à envier ce type qui est dans une magnifique posture du Scorpion. À ce moment précis, la prof rassure la classe : « Restez concentrés sur votre pratique et acceptez ce qui est dans l’instant présent. »En effet, j’étais en train de m’éparpiller, d’envier, de me comparer. Dans le yoga, il n’y a pas de comparaison, c’est très rare dans notre société. La pratique nous apprend à simplement être son meilleur soi, sur le tapis comme dans la vie.

Que vous enseigne l’alignement du yoga ?
Einstein définissait la folie comme « se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent ».Lorsque l’on est aligné en paroles et en pensées, tout se met en accord. Bien aligné, corps, esprit et âme, nous pouvons faire l’expérience des synchronicités. C’est magnifique ! À chaque fois que j’ai envie de baisser les bras, la vie m’envoie un cadeau.

Quel genre de cadeau avez-vous reçu de la vie ?
À plusieurs reprise, je me suis sentie bloquée dans ma vie. Mon corps s’est alors chargé de me le rappeler en tombant sérieusement malade à chaque fois. En empruntant l' »itinéraire bis » que m’offrait la voie artistique, j’ai pu traverser mes zones d’ombres. Face à une toile vierge, quand je n’ai plus les mots, ce sont mon corps et mon âme qui s’expriment au pinceau. Après les attentats de 2015 (et avoir croisé le chemin des terroristes la veille des attaques), j’ai ressenti le besoin de transformer cette boue en or, d’en faire quelque chose de doux et poétique, et de l’offrir au monde. C’est ainsi que j’ai lancé le « flyingproject » et organisé plusieurs « happynings » dans Paris pour réenchanter la ville (et la vie !) autour d’envolées de confettis entièrement biodégradables! Pour se rassembler, et faire corps. Comme sur un tapis de yoga!

Retrouvez son atelier

« Libérez votre JE pour le mettre au service du NOUS »

 

Texte : Jules Lavigne Photographies : Gwladys Louiset